Impact du microcrédit au Maroc

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Micro credit, a macro idea” tel est le slogan énoncé à l’occasion du Sommet mondial du micro crédit en février 1997 à Washington. A cela s’ajoute que l’année 2005 fut reconnue comme l’Année internationale du micro crédit par le sommet global du micro crédit en 2006 à Halifax. Un an plus tard, le 10 décembre 2006 le professeur Mohammed Yunus et sa Grameen Bank reçoivent le prix Nobel de la paix.

Tous ces événements expliquent parfaitement l’importance et la reconnaissance du micro crédit comme étant une nouvelle forme innovante dont l’objectif est de permettre à des personnes exclues du système bancaire d’accéder à un crédit afin d’entreprendre une activité génératrice de revenus et de réduire, par conséquent, la pauvreté. Une forte croissance a été enregistrée entre 2005 et 2007, avec un accroissement de 114 % du nombre de clients, une augmentation de 260 % du volume total des prêts, et une hausse de 162 % du nombre total d’employés dans ce secteur d’activité. Au Maroc, pays semi aride à vocation agricole, 50% de la population vit dans le monde rural soit 15 millions de personnes, le taux de pauvreté d’après le recensement général de la population de 2004, s’élève à 14,2% de la population soit un peu plus de 4 millions d’individus. A côté des différents programmes nationaux de lutte contre la pauvreté, un système d’aide sous forme de micro crédit a fait son apparition à la fin des années 1990. Il a pris un essor considérable et on compte aujourd’hui 13 associations dont 5 dominent le secteur. Parmi elles la Fondation ARDI filiale du Crédit Agricole du Maroc.

Nul ne peut occulter l’effet positif du micro crédit sur ses bénéficiaires qu’il s’agisse de pays en voie de développement ou de pays puissant économiquement comme l’Europe, les Etats Unis ou encore l’Asie. En effet, ce mécanisme pour combattre l’exclusion sociale et économique a été importé par près de 140 pays d’un bout à l’autre de la planète. Ce qui explique en partie l’efficacité de cette nouvelle stratégie dans l’instauration d’un équilibre économique et social sain et opérant. M. Yunus considère qu’il est erroné de penser que la multiplication des aides sociales en faveur des plus démunis est la solution à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Car en effet elle ne contribue qu’à les maintenir dans une situation de dépendance perpétuelle et en fait des assistés à vie. Le fait que plus de 140 pays à travers le monde ont reproduit son schéma témoigne de la justesse de sa pensée qui rejoint un proverbe chinois qui dit : ” donne-moi un poisson je mangerai un jour, apprends moi à pêcher je mangerai toujours”.

Au Maroc, le micro crédit s’est avéré effectivement être une solution pour la lutte contre la précarité et a rapidement touché de larges franges de la population. Le fait que 5 associations marocaines de micro crédit figurent au Top 100 des AMCs au monde confirme le succès à la fois de ces institutions mais aussi de l’attrait du modèle pour cette population. Toutefois la pérennisation de cette formule passe par la mise en place de gardes fous au moyen d’une réglementation stricte et d’un code de déontologie pour la profession. Car comme l’affirmait M.Yunus les pauvres ne sont pas stupides et on vite décelés les failles de ce système au Maroc. En l’absence d’une centrale des risques permettant de vérifier l’endettement de tout postulant à un micro crédit, l’endettement croisé s’est rapidement propagé et mis en alerte les autorités financières du pays. Aussi afin de remédier à cette dérive, et ne pas perdre un outil dont l’efficacité s’est jusque là vérifiée, les autorités ont décidé de légiférer afin de resserrer le cadre réglementaire régissant l’activité des AMCs. Ceci d’autant plus que la crise économique et financière mondiale a considérablement gonflé les chiffres du chômage privant des millions de personnes, qui de son salaire, qui de sa retraite, qui de son toit. Plusieurs experts internationaux reprochent aux banques leurs errements et leur opposent la rigueur de la micro finance en prise directe avec la réalité du terrain. Ils n’hésitent pas à proposer la micro finance comme solution à la lutte contre le chômage et l’exclusion et voient dans ce modèle d’auto emploi le moyen d’atténuer les effets de cette crise.

 Soraya BOUHLAL
Institut Universitaire de Technologie Sénart / Fontainebleau
Département Gestion des Entreprises et des Administrations
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