Micro-crédit : des Québécois en quête d’initiatives
Sous l’égide de l’Office franco-québécois pour la jeunesse, huit Québécois se sont baladés de conférence en conférence durant ces trois jours. Une délégation venue pour faire des rencontres et exporter les initiatives au Canada.
Mona Beaulieu et Martin Gauthier dirigent un fonds communautaire de micro-crédit. Ils ont assisté avec intérêt aux ateliers d’hier après-midi et au discours de Youssou N’Dour. Avec intérêt, et avec étonnement aussi. “Ici, on parle de millions, de milliards, c’est de la démesure. Je me rends compte qu’il y a des moyens pour le micro-crédit. Nous, nous sommes encore en développement“, précise Martin.
Le fonds existe pourtant depuis dix ans, et reçoit des subventions de l’Etat depuis plus de six ans pour ses frais de fonctionnement. Mais, pour Mona et Martin, il faut réussir à faire comprendre que la rentabilité sociale est liée à la rentabilité économique, bien qu’il soit difficile de la chiffrer - ce que demande le gouvernement. Ils comptent 15 crédits accordés cette année, et une communauté d’une centaine d’entrepreneurs. “Nous ne sommes que deux à plein temps. Ici, un conseiller de l’Adie (ndlr : association qui développe le micro-crédit en France) traite dix fois plus de dossiers !”
“Lors du forum, nous avons vu plein de choses intéressantes, comme des taux d’intérêt moins accessibles que ceux que nous pratiquons, mais qui fonctionnent quand même, ou encore la micro-assurance.” Avant de se réapproprier ses pratiques en les adaptant à la population québécoise, et de les mettre en place, Mona et Martin vont devoir expliquer à tous leurs partenaires ces nouveaux modes de pensée. “En étant sur place, nous avons découvert différents angles d’approche de la micro-finance, que nous n’avions pas avant, mais nos collaborateurs, eux, n’étaient pas là : on va devoir faire un gros travail de démonstration“, explique Mona.
Ensuite, ils s’attaqueront à leur chantier principal : sensibiliser les entrepreneurs au remboursement. C’est la leçon principale qu’ils retiennent du World Forum : “Nous avons une approche plus individualiste. La menace de la caution ne marche pas chez nous. Nous ne savons pas encore comment, mais nous devons faire changer les mentalités, conclut Mona. Nous fonctionnons sans garantie depuis le début. Et trop souvent, les gestes ne suivent pas les paroles. il nous faut plus de garanties, et on a vu que c’est possible.”
Noémie Destelle
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